Utilisateurs de VAE : quels sont les chiffres clés ?

En 2025, le marché du vélo, et particulièrement celui des vélos à assistance électrique (VAE), continue de se développer en France, malgré des évolutions récentes. Cet article dresse les chiffres et tendances clés pour mieux comprendre la popularité croissante des VAE, ainsi que le profil des utilisateurs. Le VAE n’est plus un simple équipement de loisir, il s’impose comme un véritable mode de transport, redessinant les contours de la mobilité quotidienne pour des centaines de milliers de Français.

Adoption croissante du vélo à assistance électrique en France

L’engouement pour le vélo à assistance électrique ne se dément pas, même si le marché montre des signes de maturité après des années d’une croissance exponentielle. Les chiffres récents témoignent d’un secteur en pleine restructuration, où le VAE occupe désormais une place centrale et incontournable.

Une dynamique de ventes contrastée

Après une période faste, le marché du VAE a connu un léger tassement. En 2023, environ 671 000 vélos électriques ont été vendus en France. Cependant, l’année 2024 a marqué un recul plus prononcé, avec une baisse des ventes estimée à 16 %, soit environ 565 000 unités écoulées. Malgré ce ralentissement en volume, la part du VAE dans le marché global du cycle continue sa progression. Il représente aujourd’hui 30 % de tous les vélos vendus, une proportion qui témoigne de son ancrage durable dans les habitudes d’achat.

AnnéeUnités VAE venduesÉvolution annuellePart du marché total du vélo
2023671 00028 %
2024565 000-16 %30 %

Un pilier économique majeur pour l’industrie du cycle

Si les ventes en volume ont diminué, l’importance économique du VAE reste prépondérante. En 2024, ce segment représente à lui seul 58 % du chiffre d’affaires total du marché du vélo en France. Cette statistique est révélatrice : les consommateurs sont prêts à investir davantage dans un vélo électrique, dont le prix moyen est nettement supérieur à celui d’un vélo musculaire. Le VAE n’est donc pas seulement un produit populaire, il est aussi le moteur financier de tout un secteur, stimulant l’innovation et soutenant l’emploi.

Cette solidité économique, combinée à une pénétration croissante du marché, soulève une question essentielle : qui sont les personnes qui choisissent de rouler en vélo électrique ?

Profil des utilisateurs de vélos électriques : qui sont-ils ?

Loin d’être l’apanage d’une seule catégorie de la population, le vélo à assistance électrique séduit un public varié. Toutefois, les données démographiques permettent de dessiner un portrait-robot de l’utilisateur type, qui se distingue nettement de celui du cycliste traditionnel.

Un public plus féminin et plus âgé

L’une des caractéristiques les plus marquantes du public VAE est sa féminisation. Les femmes représentent 47 % des utilisateurs de VAE, contre seulement 36 % pour les vélos musculaires. L’assistance électrique lève en effet certains freins, comme la crainte de l’effort physique ou des côtes abruptes. L’âge moyen est également un différenciant majeur : il est de 50 ans pour un utilisateur de VAE, soit huit ans de plus que pour un cycliste sur vélo classique (42 ans). Le VAE rend le vélo accessible à un public qui s’en était peut-être éloigné.

Une répartition par âge qui confirme la tendance

L’analyse des tranches d’âge confirme ce constat. Les jeunes de moins de 35 ans sont proportionnellement moins nombreux à utiliser un VAE : ils ne constituent que 20 % des utilisateurs, alors qu’ils sont 40 % chez les cyclistes de vélos musculaires. À l’inverse, les retraités sont surreprésentés. Ils forment 21 % des adeptes du VAE, contre 14 % pour le vélo traditionnel. Le VAE est donc un outil de mobilité particulièrement adapté aux seniors, leur permettant de rester actifs et autonomes plus longtemps.

Ces profils variés utilisent leur VAE de manières différentes, ce qui a un impact direct sur leurs habitudes de déplacement, que ce soit en ville ou à la campagne.

Impact du VAE sur les habitudes de mobilité en milieu urbain et rural

L’adoption massive du VAE transforme en profondeur la manière dont les Français se déplacent au quotidien. Son influence est particulièrement visible dans les zones urbaines, mais elle s’étend également aux territoires ruraux, où il apporte des solutions nouvelles à des problématiques anciennes.

Une révolution dans les déplacements urbains

En ville, le VAE s’est imposé comme une alternative crédible à la voiture et aux transports en commun. La fréquentation des pistes cyclables a connu une hausse de 9 % entre janvier et mai 2025, une croissance largement portée par les vélos électriques. Pour les trajets utilitaires, comme le domicile-travail, le VAE offre plusieurs avantages :

  • Il permet de parcourir des distances plus longues (jusqu’à 10-15 km) sans effort excessif.
  • Il neutralise les contraintes topographiques, comme les montées.
  • Il garantit un temps de trajet fiable et prévisible, en s’affranchissant des embouteillages.

Sur de courtes distances, le vélo se révèle souvent plus rapide que n’importe quel autre mode de transport motorisé, renforçant sa pertinence dans les politiques de mobilité urbaine.

Le VAE, un outil de désenclavement en milieu rural

Si son essor est plus spectaculaire en ville, le VAE trouve aussi sa place à la campagne. Dans des zones où les transports en commun sont rares et la voiture souvent indispensable, il devient une solution pour les trajets de proximité : faire ses courses, se rendre à un rendez-vous ou simplement visiter des proches. L’assistance électrique permet de franchir des distances plus importantes et de s’attaquer à des dénivelés qui seraient décourageants avec un vélo classique. Il peut ainsi réduire la dépendance à la seconde voiture du foyer.

Cette diversification des usages, urbains comme ruraux, se reflète logiquement dans l’évolution de l’offre sur le marché du VAE.

Évolution du marché des VAE et ses perspectives

Le marché du VAE n’est plus monolithique. Il se segmente et se spécialise pour répondre à des besoins de plus en plus spécifiques. Cette évolution est le signe d’un marché mature, où l’innovation et la diversification sont les clés de la croissance future.

L’essor des vélos électriques de niche

Alors que les ventes de VAE urbains classiques connaissent un ralentissement, certains segments spécialisés affichent une croissance insolente. C’est le cas des vélos de route et des vélos gravel à assistance électrique, dont les ventes ont bondi de 33 %. Ces modèles séduisent les cyclistes sportifs qui souhaitent prolonger leurs sorties ou accompagner des groupes plus rapides. Le vélo cargo électrique connaît lui aussi un franc succès, avec une croissance de 5 %. Plébiscité par les familles pour transporter les enfants et par les professionnels pour la logistique du dernier kilomètre, il s’impose comme une alternative à la voiture.

Les défis du segment urbain et pliant

À l’inverse, les modèles urbains et pliants, qui ont longtemps tiré le marché, montrent des signes de recul. Plusieurs facteurs peuvent l’expliquer : une certaine saturation du marché après des années de forte demande, et une concurrence accrue de la part de modèles plus polyvalents, comme les VTC électriques, capables de s’aventurer hors des pistes cyclables. Pour se réinventer, les fabricants devront miser sur l’innovation, avec des vélos plus légers, mieux connectés et plus sécurisés.

Cette transformation du marché n’est pas sans conséquence sur la société et l’environnement, soulevant des enjeux majeurs pour l’avenir.

Enjeux environnementaux et sociaux du développement du VAE

Le succès du VAE va bien au-delà des simples chiffres de vente. Il s’inscrit dans des dynamiques de fond liées à la transition écologique et à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Son développement porte des promesses mais aussi des défis.

Un levier pour des villes plus respirables

Chaque trajet en VAE qui remplace un trajet en voiture contribue directement à l’amélioration de l’environnement urbain. Les bénéfices sont multiples :

  • Réduction des émissions de gaz à effet de serre : le VAE est un mode de transport à très faible émission de carbone.
  • Diminution de la pollution de l’air : il n’émet ni oxydes d’azote ni particules fines, responsables de nombreuses affections respiratoires.
  • Baisse de la pollution sonore : le silence du vélo électrique participe à créer un environnement urbain plus apaisé.

Le VAE est donc un outil essentiel pour atteindre les objectifs de neutralité carbone et améliorer la santé publique.

Un facteur d’inclusion et de santé publique

Sur le plan social, le VAE est un formidable vecteur d’inclusion. En rendant le vélo accessible à tous, indépendamment de l’âge ou de la condition physique, il démocratise la mobilité active. Il permet à des personnes qui ne pourraient pas utiliser un vélo classique de pratiquer une activité physique régulière et modérée, avec des bénéfices prouvés pour la santé cardiovasculaire et le bien-être mental. C’est un outil de prévention sanitaire à part entière.

Pour accompagner et amplifier ces bénéfices, les pouvoirs publics ont mis en place une série de mesures incitatives.

Aides et incitations pour promouvoir l’usage des vélos électriques

Conscients du potentiel du VAE pour transformer la mobilité, l’État et les collectivités locales ont déployé un arsenal d’aides financières visant à encourager son adoption par le plus grand nombre. Ces dispositifs permettent de lever le principal frein à l’achat : le prix.

Le bonus vélo : un coup de pouce de l’État

Le dispositif phare au niveau national est le « bonus vélo ». Il s’agit d’une aide financière accordée, sous conditions de ressources, pour l’achat d’un VAE neuf. Son montant peut atteindre plusieurs centaines d’euros, en fonction du revenu fiscal du foyer et du type de vélo acheté (classique, cargo, pliant, etc.). Cette aide a pour but de rendre le vélo électrique plus accessible aux ménages modestes et de stimuler le marché.

Des subventions locales pour un soutien de proximité

En complément du bonus national, de très nombreuses collectivités territoriales (régions, départements, métropoles et communes) proposent leurs propres aides. Ces subventions sont souvent cumulables avec le bonus de l’État, ce qui peut réduire considérablement le coût final pour l’acheteur. Leur existence et leurs montants varient fortement d’un territoire à l’autre, mais elles témoignent d’une volonté politique forte de promouvoir le vélo comme mode de déplacement quotidien.

Le forfait mobilités durables pour les trajets domicile-travail

Le monde de l’entreprise est également mobilisé. Avec le forfait mobilités durables, les employeurs peuvent participer aux frais de déplacement de leurs salariés qui viennent travailler à vélo ou en VAE. Cette participation, qui peut aller jusqu’à plusieurs centaines d’euros par an, est exonérée de cotisations sociales et d’impôt sur le revenu. C’est une incitation puissante pour encourager les salariés à laisser leur voiture au garage.

L’évolution des habitudes de transport en France est marquée par une adoption massive des vélos à assistance électrique. Malgré quelques ralentissements dans les ventes, les VAE restent un élément clé de la transition vers des modes de mobilité plus durables. Les caractéristiques démographiques des utilisateurs, un public plus âgé et plus féminin, et l’essor des usages urbains illustrent cette tendance profonde qui devrait se poursuivre. Les initiatives publiques et privées, notamment les aides à l’achat, renforcent cette dynamique, promettant un avenir florissant pour le vélo électrique en France comme solution de transport écologique, saine et inclusive.

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